HANTER LA LISIÈRE, 2017-18

Collaboration avec l'anthropologue Germain Meulemans

Installation Vidéo (HDV, Col, 35', Macération et suspension de plantes du Plateau de Saclay

Vue de la vidéo, Plateau de Saclay 2017

À 20 kilomètres au sud-ouest de Paris, le plateau de Saclay se trouve au cœur d’une controverse autour de l’avenir des terres entourant la capitale. La construction d’un grand « cluster » universitaire, qui doit permettre à la France de rivaliser avec les pays anglo-saxons, entraine au passage la destruction de plusieurs centaines d’hectares de terres agricoles parmi les plus fertiles d’Ile de France. Mais le plateau apparaît comme un large territoire au foncier disponible, facile à connecter au futur réseau de transports du Grand Paris. À Saclay, on oppose l’utilité agricole à l’utilité foncière. Des sols fertiles disponibles pour les plantes comestibles, contre des sols disponibles pour l’économie de la connaissance.

Et si, au milieu des voix discordantes, on cherchait un autre chemin pour explorer le plateau? Qu’aurait-on à apprendre du temps où ce lieu paraissait « inutile », et où en trouver les indices ? Si ces terres sont aujourd’hui connues pour leur grande fertilité, elles n’ont été longtemps qu’un vaste marais. Le saltus de Saclay, zone sauvage, ni champ, ni jardin.

A l’automne 2017, nous nous sommes lancés sur la piste du « spectre de l’étalement urbain » sur le plateau de Saclay. Arpentant les lisières, à la recherche des mares réfractaires et autres turbulences du paysage, nous avons cherché les plantes qui poussent inutiles, spontanées et ignorées, dans les marges du plateau.

Nous avons voulu nous rendre attentifs aux plantes, car elles donnent un aperçu du temps long des transformations écologiques passées et en devenir du plateau. Au cours de ces transformations, les plantes qui y poussaient ont aussi changé. Certaines ont été apportées par les cultivateurs, tandis que d’autres trouvèrent seules, à la lisière des champs défrichés, un milieu de croissance opportun. Certaines, enfin, celles-là mêmes qui permirent longtemps à des humains et des animaux de survivre sur le plateau, durent se retrancher dans des refuges plus reculés. Ainsi, les plantes elles aussi ont été attentives aux transformations du vieux saltus. Les marais de Saclay furent progressivement drainés, remembrés et aménagés à partir de la fin du moyen-âge. Seule une infime fraction des terres autrefois marécageuses du plateau a subsisté à ces réfections. Mais les lisières se souviennent encore. Quelques plantes attestent de ce passé, telles des rescapées orphelines de leurs cueilleurs.


Hanter la lisière from Anais Tondeur on Vimeo.

(extrait de la vidéo)

Hanter la lisie?re extrait 2 from Anais Tondeur on Vimeo.

(extrait de la vidéo)

Vue de l'installation

Vue de l'installation

Vue de l'installation

Vue de la vidéo, Plateau de Saclay 2017

Vue de la vidéo, Plateau de Saclay 2017

Vue de la vidéo, Plateau de Saclay 2017

Vue de la vidéo, Plateau de Saclay 2017

Vue de la vidéo, Plateau de Saclay 2017